souffle

Il n’est probablement pas plus difficile de faire une mauvaise chanson qu’un mauvais roman, ça va juste moins vite pour ce dernier.

Une bonne chanson peut être longue à ne pas écrire, à chercher le bon angle, le fil pour démêler la pelote, la bonne entrée pour la bonne sortie du labyrinthe. Des jours secs à ne pas descendre un vers, hors la corbeille à papier.

La plume peut en prose digresser, remplir sans remplissage, développer des thèmes, sous-thèmes, des biais, des détours. Tout est matière exploitable.

L’écrivain peut écrire quotidiennement deux ou trois bonnes feuilles. L’auteur de chanson ne peut remplir chaque jour une bonne page, soit l’équivalent d’une miraculeuse bonne chanson par jour.

La prose est un art de potier qui donne forme à la glaise des mots pour en faire émerger une histoire, des personnages, un propos ; on ajoute. Le vers est une activité de sculpteur qui taille dans la pierre ou le bois brut d’une idée de départ ; on enlève.

Chanson et roman ne relèvent pas de la même mécanique, de la même exigence, du même souffle. L’une s’apparente à un 400 mètres, l’autre à un 5000 mètres et au-delà.

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