art mineur

L’expression « art mineur » appliquée à la chanson nous vient de Serge Gainsbourg, parce que disait-il – et on l’oublie un peu – elle ne nécessite pas d’initiation, au contraire par exemple de la peinture.
Et il est en effet avéré que tout un chacun – et c’est très bien ainsi – peut fredonner quelques notes et écrire quelques vers pour au final produire ce qu’il est convenu d’appeler une chanson.

On aurait toutefois pu faire remarquer à Gainsbourg qu’il en va de même de la peinture. Nombre d’entre nous taquine palettes et pinceaux sans se supposer Cézanne et Picasso, tant il va sans dire que c’est l’oeuvre qui fait l’artiste et non l’inverse.

Du « Poinçonneur des Lilas » à « Love on the beat », on perçoit moins chez Gainsbourg une évolution artistique qu’un profilage, disons, marchand. « J’écris des chansons pour faire de gros droits d’auteur, c’est aussi cynique que ça », disait-il. On peut dès lors se demander si son expression « art mineur » ne constitue pas une manière d’auto-justification de l’auto-dévaluation (c’est ç’la) de sa démarche artistique. Plutôt que « art mineur », l’expression idoine serait alors et davantage « art minoré ».

De même que le septième art a produit des chefs-d’oeuvre et des navets, il n’y a pas d’art majeur, seulement des œuvres, plus ou moins mineures, selon l’intention, le travail et le talent de leurs auteurs.

Le majeur réside moins dans l’art que dans ce qu’il cherche à approcher, à appréhender, à nous donner à voir. A vivre.

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